Wilfrid GRENIER

[Interview Exclusive] - "Un engagement pour la Paix et le Vivre-ensemble…"

Wilfrid GRENIER – Fondateur et Délégué Général de UNION-LIFE INTERNATIONAL ONG – UY.

Par: Wilfrid GRENIER - 29/03/2021

Pourquoi avoir fondé une ONG, et pour la PAIX ?

C’est fort de l’exemple marocain et du monde arabe en général en matière de « Vivre-ensemble comme de Solidarité » et peu de temps avant les attentats terroristes de Paris, de Nice et après ceux d’Espagne et du Maroc, dont je fus le témoin malgré moi, que je compris le sens de ma « mission de vie » comme celui de mon prénom (Wilfrid = le Pacificateur) : « promouvoir la Paix et le Vivre-ensemble avec détermination ! … ». Les années suivantes jusqu’à cette année 2021 et le contexte de crise(s), sanitaire mais aussi sociale et économique m’ont donné raison et force de construire un Collectif international de personnalités et d’anonymes autour d’un Programme, solidaires dont le lancement se déroulerait au Maroc avant les autres pays du monde.

Quel est le programme porté par UNION-LIFE INTERNATIONAL et son RELAIS au MAROC ?

Promouvoir les valeurs humaines représentées par « UY-UNITY Monument » auprès des Pays, Capitales, Villes et Institutions du Monde ainsi que sa « SOUSCRIPTION SOLIDAIRE » ; préparer l’après covid-19 avec les « LIFE Rendez-vous » (1ère animation sociale grand public) ; proposer une organisation type COP21 & 22 mais pour la Paix, avec « UNION-FOR-PEACE » ; participer à des évènements publics ou privés et décerner les « UY AWARDS » à des lauréats ayant accompli une œuvre sociale en lien avec la paix et le vivre-ensemble sans oublier notre nouvel Ami, HUGGY®, Influenceur social dont la vocation est de redonner le sourire et des câlins à des publics fragiles (visites orphelinats, maisons de retraite, hôpitaux…).

Comment définir « UY-UNITY » ?

UY-UNITY, est une œuvre artistique originale aux 8 symboles déterminant une forme d’universalité. UY-UNITY représente l’union bienveillante de deux êtres humains sans discrimination d’origine, de genre, de religion avec au centre, la lumière symbolisant l’éveil des consciences, de la connaissance et de la sagesse ; sur les côtés, l’empreinte de deux cœurs traduisant un message d’amour inconditionnel.

Une Souscription Solidaire ?

Oui. En réponse à la crise sanitaire, sociale et économique liée au corona virus, nous proposons à la vente, UY-UNITY au format 2 m et 0,25 m, numérotées, personnalisables et dans divers coloris. En plus d’acquérir ou d’offrir une œuvre porteuse de sens, 100% des bénéfices seront reversés à une, des causes sociales d’actualité dans chaque pays dont le Maroc actuellement. Tel est notre engagement !

Quel agenda, présent et à venir ?

La continuité d’une part, de l’exposition itinérante de UY-UNITY, présente actuellement à l’hôtel ONOMO centre de Casablanca après les étapes dans les hôtels HYATT REGENCY et SOFITEL et d’autre part, la SOUSCRIPTION SOLIDAIRE avec la vente de « UY au profit d’actions caritatives ; développer notre Collectif Franco-Marocain et proposer UY-UNITY dans son format « MONUMENT » pour le Maroc et pour l’EXPOSITION UNIVERSELLE DE DUBAÏ prévue en octobre prochain ; notre présence au Festival International du Film de Cannes 2021 avec la remise des « UY AWARDS »… .

Retrouvez + d’infos sur : www.union-life.org 

 

** Wilfrid GRENIER a tissé un lien de cœur avec le Maroc, Casablanca et Marrakech depuis 2003, qu’il partage avec la France, Paris et le Sud Est, dans le cadre de ses différentes activités : Artiste interprète (cinéma/tv/publicité) ; Life-coach (prévention/médiation/gestion de crise) ; Entrepreneur social.

Résolument humaniste, Wilfrid est à l’initiative depuis janvier 2021 d’une exposition itinérante de l’œuvre artistique et symbolique « UY-UNITY » lancée à Casablanca, accompagnée d’une Souscription Solidaire pour le Maroc (Dons provenant des ventes de UY reversés à la réalisation d’actions sociales locales) avec le soutien du ROTARY CLUB de Casablanca Nord et de nombreux autres partenaires (www.union-life.org/partenaires ).

Vous êtes un dirigeant,
un expert ou un professionnel
dans les services généraux
ou sur le terrain d’achat ?

Soyez
notre prochain(e)
intervenant(e) sur
FACILITIES MAROC

Inscrivez-vous
dès maintenant :

Je m'inscris
Lire plus de chroniques
Logo Experts Les experts
[Interview Exclusive] - «Evolution des stratégies financières dans le secteur audiovisuel face aux conséquences de la crise»
Khadija BOUJANOUI- Directrice financière et du contrôle de gestion de 2M – Présidente du Comité Parité et Diversité 2M.
Khadija BOUJANOUI

1. Au Maroc, comme partout dans le monde, les stratégies financières jouent un rôle prépondérant pour assurer le bon fonctionnement et la survie des organisations. Selon vous, quels sont les critères pour définir une stratégie financière pertinente au sein d'une société?

Toute entreprise doit avoir une stratégie financière efficiente lui permettant d’atteindre ses objectifs et de réaliser son équilibre financier à court, moyen et long terme. L’objectif étant bien évidemment d’optimiser les performances de l’organisation en prenant en considération l’ensemble des contraintes et paramètres existants ou probables. Et afin qu’elle soit pertinente, et surtout efficace, toute stratégie financière doit faire en sorte que le modèle économique de l’entreprise soit suffisant pour assurer sa survie et lui permettre de réaliser du profit. Puis quand le « business model » est suffisamment mature, il est nécessaire de mettre en place les outils de financement adéquats qui permettent d’améliorer l’offre et d'accroître la rentabilité, et ce en parallèle d’une bonne stratégie commerciale. Mais il est toujours intéressant d’optimiser la rentabilité de l’entreprise pour avoir une plus grande autonomie financière, notamment sur le long terme.

2. Parlez-nous de l'information financière au Maroc…

L’information financière représente la « radioscopie de l’entreprise ». Elle est très importante car elle permet de collecter et d’analyser l’ensemble des données qui traduisent l’état de santé d’une organisation à un moment précis. Lesdites données aiguillent les décisions de gestion des dirigeants, et leur permettent de mesurer la performance de l’entreprise.  Elles permettent également à l’administration fiscale de suivre et calculer les taxes et les impôts. Notre pays mène d’ailleurs une véritable réflexion sur la qualité de l’information financière, notamment à travers les efforts déployés par la Bourse des valeurs de Casablanca (BVC), l’Autorité marocaine des marchés des capitaux (AMMC), ou encore l’Association marocaine des consolideurs financiers (AMCF). De nombreuses réformes ont eu lieu depuis 2013 afin d’améliorer la pratique de communication financière par les émetteurs. En guise d’exemple, l’obligation de communiquer les informations financières importantes en toute transparence pour toute personne souhaitant faire un appel public à l’épargne, ou encore l’obligation de la publication trimestrielle… Des mesures qui ont d’ailleurs porté leurs fruits, puisqu’il a été observé que l’information financière est devenue plus exhaustive, que les investisseurs ont davantage confiance et que le marché bénéficie d’une plus grande visibilité.

3. Dû à la crise du Covid-19, plusieurs organisations ont vu nécessaire de repenser leurs stratégies et optimiser leurs budgets d'investissements. Qu'en pensez-vous?

La crise provoquée par la Covid-19 est considérée comme la récession la plus profonde depuis la seconde guerre mondiale. Par conséquent, les entreprises se sont retrouvées obligées de procéder à des coupes budgétaires et de prévoir des plans d’économie incluant, entre autres, un gel des recrutements. Des mesures nécessaires car, au-delà de ses répercussions sur les revenus, la pandémie a fortement impacté la visibilité à court, moyen et long terme. Il est donc devenu difficile d’évaluer la rentabilité d’un projet et son intérêt auprès des consommateurs dont les habitudes de consommation ont désormais changé. La plupart des projets d’investissements ont alors été reportés au moins à N+1, en particulier les investissements qui ne sont pas jugés « de survie ». Ceci dit, les entreprises ne sont pas logées à la même enseigne. Les sociétés de IT ont vu leur activité s'accroître. C’est dire si la pandémie a joué un rôle d’accélérateur des tendances déjà à l’œuvre avant la crise. Quoiqu’il en soit, la dynamique des investissements doit être stimulée très rapidement au risque d’entraver et de retarder encore plus la relance économique. Une raison qui a d’ailleurs poussé le gouvernement marocain à adopter certaines mesures comme l’aide d’urgence pour préserver l’accès au crédit des petites et moyennes entreprises (PME) et aux auto-entrepreneurs ; la création d’un fonds d’urgence pour aider les entreprises à faire face à leurs besoins de trésorerie et de fonds de roulement ; la mise en place d’un fonds d’investissement en soutien à la relance ; ou encore l’entrée en vigueur de la loi sur le Crowdfunding pour soutenir les projets de proximité dans les régions.

4. Comment le secteur de l'audiovisuel a pu faire face aux répercussions de cette crise en termes de dépenses et rationalisation des actions? 

Le secteur de l’audiovisuel a dû faire face à des défis sans précédent. Les tournages qui étaient en cours ont dû être interrompus pendant le confinement, mais ont repris l’été suivant. Les mesures sanitaires ont certes été contraignantes, mais les équipes de tournage ont su s’adapter aux nouveaux modes opératoires. Le secteur de la publicité a également été impacté. Et pour cause, la plupart des annonceurs ont été contraints de réduire drastiquement leurs budgets d’investissement publicitaire, ou pire, les annuler.

À titre indicatif, le marché publicitaire écran au Maroc a connu une baisse de 26% par rapport à l’année précédente.

Et pourtant, les audiences télévision ont cartonné durant le confinement en atteignant des niveaux record. Par ailleurs, les dépenses des différents acteurs du secteur audiovisuel ont connu une augmentation, à l’image des producteurs qui ont dû faire face à un surcoût estimé entre 10 et 15%  dû aux contraintes liées aux mesures sanitaires. Quant aux chaînes de télévision, il s’est avéré nécessaire d’adapter la grille des programmes en fonction de l’actualité dominante : les éditions spéciales, les capsules de sensibilisation, les programmes de divertissement pour faire face au besoin d’évasion, sans négliger la nouvelle logistique mise en place pour les émissions qui reçoivent le public. L’arrivée des vaccins laisse entrevoir une sortie de crise pour l’été 2021, mais ses effets sur l’écosystème audiovisuel sont encore difficiles à estimer, notamment pour les plus petites structures et les auteurs. C’est donc tout le tissu des PME de l’audiovisuel qui doit tenir bon jusqu’à la sortie de la crise car ces entreprises ne disposent généralement pas des réserves de trésorerie qui permettent d’amortir le choc. Elles peuvent par contre s’appuyer sur plusieurs dispositifs d’aide initiés ou renforcés par les pouvoirs publics.

5. Avez-vous des axes d'amélioration financiers à proposer pour délimiter ces conséquences et relancer le marché? 

Pour une relance du marché économique post-Covid, il faut passer par une relance vigoureuse de l’activité économique et de l’emploi. Il serait aussi intéressant de revoir la politique commerciale du pays, notamment en substituant les produits d’import par une industrie locale à travers l’encouragement de la consommation des produits “Made in Morocco” auprès du consommateur marocain. Des incitations doivent également être mises en place pour encourager les grandes entreprises à collaborer davantage avec les TPME locales. L’exemple devra être donné par la commande publique avec la généralisation de la clause de la préférence nationale. Cette politique ne doit pas nous faire oublier l’importance de l’exportation. Une accélération de la montée en gamme au niveau de l’offre d’exportation ainsi qu’une diversification sectorielle de l’offre s’avère nécessaire. La ZLECAF est une opportunité unique à saisir. En outre, il est à mon sens nécessaire de renforcer les filets sociaux des Marocains, notamment en s’attelant sur la problématique de la couverture sociale, en instaurant un revenu minimum de base pour les ménages vulnérables, en réformant l’école publique et le système de santé.

 

** Directrice financière et du Contrôle de gestion à SOREAD 2M, Présidente du Comité Parité et Diversité de 2M, Ancienne Vice-Présidente de la Commission PME de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM), Membre-fondatrice de Women International Management & Executif Network (WIMEN), Membre du comité permanent du réseau «Les Panafricaines ». Khadija BOUJANOUI a répondu présente à notre invitation sur Les Experts by Facilities Maroc.

22/02/21
Lire la suite
Logo Experts Les experts
[Interview Exclusive] - Fidélisation des collaborateurs : le pourquoi du comment.
Mehdi GRINY- Directeur de site et Expert en relation client | Président de l’Association HOPE d’aide aux Jeunes Diplômés | Keynote Speaker
Mehdi GRINY

1. En quoi la fidélisation des collaborateurs est-elle un enjeu pour l’entreprise ?

Quand un collaborateur intègre une entreprise, il intègre un groupe. Ce groupe, mise et investit en lui : en le formant, en l’encadrant et aussi en lui inculquant les valeurs et cultures d’entreprise. Tous ces éléments sont un investissement matériel et immatériel important pour la société. Grâce à un groupe de personnes dans une entité, nous créons un socle d’ambassadeur, une marque employeur, et une réputation, qui deviennent plus sexy pour les futurs potentiels et un port d’attache pour les collaborateurs internes. L’entreprise a tout intérêt à fidéliser ses collaborateurs pour créer ce microcosme qu’on appelle ADN de la société. Sans cela, l’entité rentrera dans un éternel recrutement, formation sans fin, qui épuisera ses ressources humaines, et matérielles.

2. Quelle est la différence entre la fidélisation et la motivation ?

Ce sont 2 aspects complètement différents en terme d’échelle de considération. La Motivation est un état d’esprit instantané, par rapport à un événement précis, ou un boost de mes pairs ou mon responsable, qui risque de s’estomper suite à un évènement ou action venant des mêmes interlocuteurs. Elle peut être aussi un état d’esprit ou suite à un réel plan d’action de remise en cause lancé par l’intéressé ; appliqué au monde du travail, un manager devra continuellement motiver ses équipes, à travers de l’échange, donner du sens au travail, responsabiliser ou motiver matériellement. Les études les plus intéressantes dans le domaine du management montrent que si on s’intéresse à l’humain, au lieu du résultat, nous pouvons implicitement atteindre ce résultat. La fidélisation est un fait plus durable dans le temps, je ne peux pas en un claquement de doigts fidéliser, mais il me faut des semaines, des mois, parfois des années pour arriver à fidéliser un collaborateur. C’est une sorte de confiance qui est bâtie chaque jour, à chaque instant d’échange, en donnant du poids aux valeurs du groupe, en appliquant quotidiennement l’ADN de ce groupe. Le plus important est de faire en sorte que le collaborateur réussisse à comprendre le « Pourquoi » il est dans cette entité. Quelle est sa place dans cette entité ? Et s’il y se sent bien.

3. Quelles sont les étapes pour fidéliser ses collaborateurs et quels en sont les outils ?

Pour qu’une politique de fidélisation soit réussie, les entreprises n’ont pas de manuels qui dit : « comment fidéliser en 10 Étapes», « cela serait utopique… ». En revanche, chaque entité dispose d’un ADN, de valeurs sûres, sur lesquelles, elle a bâti sa réputation, l’idée est de faire adhérer le collaborateur à ces valeurs. Donner du sens à ces valeurs et faire en sorte que chaque collaborateur y s’y retrouve. Les valeurs basiques devront être à mon sens : la transparence, l’équité, le respect mutuel et l’esprit d’équipe. Tout être cherche ses valeurs de base dans un espace de travail, l’idée est de leur donner vie, chaque jour, en faisant très attention à ce que toute la ligne managériale adhère et applique ces préceptes. "À travers quel outil ou data mesurer la fidélisation des collaborateurs ?", une question intéressante, je citerai un indicateur important : le Turn Over, la marque employeur d’un groupe se jauge à son TO subi. Dans les grands groupes, on utilise des enquêtes de satisfaction annuelles ou mi-annuelles qui relèvent tous les sujets de vie quotidiennes du collaborateur, et qui peuvent à coup sûr donner une météo claire de l’ambiance sociale ; et à travers cela, challenge aux dirigeants de mettre les plans d’action adéquats et cela est en soi-même, une action pour fidéliser. C’est-à-dire : « vous avez partagé avec nous vos souhaits, regardez-nous lancer les actions correctives rapidement ».

4. Dans le contexte sanitaire actuel, critique et incertain, trouvez-vous que les structures s'investissent de moins en moins dans la fidélisation de leurs collaborateurs, tenant compte de la crise économique ?

Je dirais que les structures qui ne sont pas stables, ni ayant des valeurs sûres, peuvent profiter du contexte pour s’alléger en masse salariale et licencier ou moins investir dans la fidélisation. Par contre, les entités ayant un ADN fort, voient en cette crise, une opportunité de renforcer les liens, partager davantage les difficultés, les réussites, investissant dans des outils permettant un maintien continuel du lien avec les collaborateurs, innovant en management agile et bienveillant pour montrer à chaque collaborateur qu’il a sa place dans le groupe. Ces actions sont un levier inestimable pour pousser le collaborateur à être encore plus fidèle qu’avant, nous sommes tous des animaux sociaux, nous avons besoin d’appartenir à un groupe social.

15/02/21
Lire la suite
Logo Experts Les experts
[Interview Exclusive] - Le Management de l’information: fiabilité et enjeux stratégiques.
Mohamed BENABID- Membre-fondateur et membre-expert à lIMIS, Rédacteur en Chef de L'Economiste, Enseignant-chercheur
Mohamed BENABID

1. Selon vous, qu'est-ce-que le management de l'information ? Et quel est son rôle dans l'entreprise?

Commençons par rappeler que l’information est un actif stratégique dans beaucoup de domaines. Toute décision s’appuie sur un processus informationnel qui va nécessiter d’abord de chercher cette information, à partir d’une unité élémentaire, la donnée. Ensuite de l’interpréter pour pouvoir arbitrer par rapport à différentes options qui peuvent se présenter pour son utilisateur. Le management de l’information conduit finalement à s’intéresser à la fois à la production de la ressource informationnelle, à son traitement puis à sa transformation, idéalement en connaissance. En réalité,  dans ce flux stratégique entre données et connaissances, l’information ne représente  qu’un niveau intermédiaire. Tout l’enjeu est là. 

Pour répondre plus explicitement à votre question, il n’existe pas de définition consensuelle tant le champ du management de l’information est vaste et multidisciplinaire. L’Afnor en propose une: « activité coordonnées pour orienter et contrôler un organisme en matière de gestion de l’information », mais celle-ci reste assez réductrice à mon sens compte-tenu des finalités mentionnées précédemment. 

S’agissant de votre deuxième question, il convient de préciser  que la relation entre l’information et la décision stratégique est établie depuis de nombreuses années.  Deux champs proches des préoccupations des entreprises, les sciences de gestion et les sciences économiques, illustrent une partie des enjeux. Dans les sciences de gestion, l’information pertinente est un pilier important dans toute démarche stratégique dans la mesure où elle permet, du moins lorsque les organisations disposent d’information de qualité, de mieux appréhender des environnements concurrentiels. Dans les sciences économiques, le courant de la théorie comportementale insiste pour sa part sur les prises de décision dans les situations d’informations imparfaites. 

A ces deux courants, s’est rajouté un troisième au cours de ces dernières années,  celui des sciences de l’information et d’autres disciplines qui leur sont associées,  ayant pris de l’importance avec l’avènement de la société du savoir et la digitalisation croissante de l’environnement tant interne qu’externe de l’entreprise. Juste pour prendre un exemple, tenter de cerner les enjeux des flux informationnels existant sur les réseaux sociaux sans mobiliser des clefs de décryptages puisées dans les sciences cognitives, psychologiques ou les théories de la communication conduirait à une analyse incomplète, voire biaisée. 

2. Il existe différents types d’information à traiter au sein d’une même organisation, parlez-les-nous en.

Tout dépend de la perspective qui est retenue pour la classification. Pour ne prendre que deux exemples, si l’on s’inscrit sous la perspective d’une analyse de l’environnement de l’organisation, la posture conduit à identifier trois types d’informations: celles que l’organisation puise de son environnement externe, celles qu’elle produit pour ce même environnement externe et enfin celles que l’organisation produit en interne pour ses besoins propres.  Si l’on retient en revanche une perspective hiérarchique de l’organisation (même si cette conception est de plus en plus remise en cause à l’heure du management agile), la typologie ferait ressortir là aussi trois niveaux d’informations:  stratégiques, managériales ou opérationnelles. 

3. Aujourd’hui, tout le monde à accès à un nombre considérable d’informations grâce au web. Mais comment peut-on décider de la fiabilité de cette dernière?

Vous avez raison de poser cette question. C’est en effet une réelle préoccupation. Si le sujet de la fiabilité a pris ces dernières années une nouvelle tournure, c’est que la technologie a dopé la vitesse de propagation de l’information et amplifié ses effets. Une fois ce constat dressé, il est utile de souligner que le risque de désinformation a toujours existé et ses enjeux sont bien documentés dans la recherche en sciences de l’information. Il s’agirait même, dans une sorte d’effet de miroir déformé, de la contrepartie de la vérité. Le monde du journalisme, du moins lorsque les standards du journalisme professionnel sont respectés, connait bien ses subtilités puisqu’elles sont au cœur du processus de recoupement de l’information.  A la base,  le journalisme est une discipline de la vérification. Théoriquement, un contenu n’est pas diffusable s’il n’est pas vérifié auprès d’au moins deux ou trois sources. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ces approches journalistiques, ont été sur le plan académique sources d’inspiration pour les méthodologies empiriques, rigoureuses du point de vue scientifique, de nombreuses disciplines. C’est en effet aux Etats-Unis, au début du siècle dernier, que des analyses quantitativistes de contenu ont vu le jour à l’école de journalisme de Columbia.  

4. Avec l’évolution du Big Data, plusieurs enjeux stratégiques font face à la méthodologie de traitement de l’information, qu’en pensez-vous?

Trois enjeux me semblent particulièrement prégnants. Le premier tient à la fiabilité de l’information que vous avez abordée dans la question précédente : la problématique des fake news est avant tout une problématique de Big data. Sur les réseaux sociaux, les fausses informations circulent beaucoup plus vite que les vraies et surtout de manière virale, c'est-à -dire de pair-à-pair. Les explications à cela sont d’ordre psychologique, et tiennent à un biais de négativité caractéristique du comportement humain. Ne l’oublions pas, cette économie de l’attention au cœur des modèles économiques des réseaux sociaux, est avant tout une économie de l’émotion. En gros, ce sont les « trains qui n’arrivent pas à l’heure » qui attirent le plus. Faites l’expérience vous même sur n’importe quel réseau social: vous avez beau y partager le contenu le plus intéressant et le plus savant qui existe à vos yeux, la probabilité est forte d’être moins attractif que de l’info banale, le commentaire imbécile, l’attaque, la vindicte, l’insulte ou le trollisme. Dans de nombreuses situations, ce sont les biais préexistants chez l’internaute qui auront le dernier mot et sont amplifiés sur trois niveaux. D’abord sur ce qu’on appelle la chambre d’écho, phénomène qui va faire en sorte que certains individus, victimes d’un enfermement informationnel, voire intellectuel, auront tendance à croire et à ne partager que les contenus qui les confortent dans leurs propres convictions.  Ensuite, pas loin des enjeux de la chambre d’écho, vous avez aussi ce qu’on appelle les bulles de filtre. C’est-à-dire les effets d’isolement cognitif émanant du travail de pistage des algorithmes qui vont dicter le comportement de l’internaute en fonction de ses habitudes et préférences de navigation.  Là aussi, et souvent à son insu, comme l’a révélé l’affaire du scandale Cambridge Analytica, l’internaute n’est pas incité à consommer des informations dissonantes par rapport à ses propres croyances. Enfin, dans leur construction narrative, les thèses fallacieuses reproduisent et imitent souvent le discours crédible en puisant dans un argumentaire qui se veut rationnel et bien documenté. Un subterfuge qui peut induire en erreur, y compris le lecteur averti. 

Le deuxième enjeu rencontré sur le plan méthodologique, concerne la nature des données disponibles sur le Big Data. Une grande part des gisements qui s’y trouvent sont de types "données non structurées", ou ce que le courant des humanités numériques désigne sous le terme de "traces", qui peuvent être un texte, une image, une vidéo, mais aussi le hashtag sur un tweet, le like d’un commentaire comme pour un post sur Twitter ou Facebook. Il s’agit de volumes potentiellement considérables d’informations que les plateformes proposent à des finalités de recherche via ce qu’on appelle des API (Application Programming Interface), mais qui sont parfois chronophages en termes de nettoyage, de classement, d’interprétation et d’intelligibilité. 

Le troisième enjeu dans ce chantier de traitement de l’information tient en cette époque d’infobesité à la capacité à distinguer entre l’important et l’accessoire,  et à identifier des signaux faibles. Nous vivons dans un monde d’incertitude et le rêve de toute entreprise est de pouvoir détecter en amont les indices annonciateurs d’une future crise, quelle que soit sa nature, politique, pandémique ou économique. C’est un défi permanent pour le management de l’information. 

5. Avez-vous des recommandations à ajouter?

L’information est un actif au potentiel économique considérable pour les organisations.  Elle relève de tous ceux qui la créent, la manipulent, la stockent ou l’utilisent dans une quête de la valeur. Attention cependant à ne pas s’extasier devant le solutionnisme informatique et numérique. Si dans toute démarche de management de l’information, la technologie peut constituer levier puissant, elle ne peut en aucun cas se substituer à quelques prérequis comme l’engagement des dirigeants, la culture ou le climat organisationnels et leurs déclinations auprès d’une autre ressource stratégique, les hommes et les femmes qui seront porteurs du projet et des ambitions.

01/02/21
Lire la suite
Logo Experts Les experts
"Comment l’innovation articulée à l'entrepreneuriat peut être au service des communautés rurales au Maroc"
Lamia HOUSNI- Directeur Général du P-Curiosity LAB & Entrepreneur Academy (UM6P)
Lamia HOUSNI

Les contraintes dans le milieu rural sont multiples et présentes fondamentalement sur les populations qui y vivent. La précarité, la pauvreté accentuée par le déficit en matière d’infrastructures et de services sociaux de base viennent marquer toute ambition de développement socio-économique inclusive et durable.

L’innovation de par son essence peut apporter de nouvelles réponses à ces problématiques qui caractérisent ces milieux tout en s’appuyant sur leurs potentialités et leurs spécificités. Pour ce faire, il faudrait chercher l’innovation de base c'est-à-dire à partir des pratiques communautaires locales, les développer, les améliorer, les adapter aux besoins et aux usages à plus grande échelle. L’entrepreneuriat devient alors le moteur de cette innovation drivée par la création de valeur économique. 

Des exemples ? Oui, ils en existent !

L’innovation frugale ou d’usage représente l’une des pratiques les plus répondues dans ce sens. Imprégnée par un état d’esprit de la débrouille et de l’ingéniosité locale, l’innovation frugale est née en Inde et consiste à imaginer des solutions abordables avec les moyens disponibles en éliminant le superflu. 

La plupart des innovations frugales ayant fait objet de développement et de croissance, ont pris leurs racines dans un contexte rural (caractéristiques de l’Inde), les idées sont chez les habitants des zones rurales et le rôle des chercheurs est de rationaliser ces innovations locales, de les démultiplier. 

Plusieurs entreprises ont tiré profit de ces innovations à savoir : 

  • L’entreprise IMaccess commercialise des kits de diagnostic rapide (paludisme, etc…) pour les pays en voie de développement et adaptés aux conditions précaires dans lesquelles les soins sont administrés là-bas (chaleur, poussière, etc.).

  • General Electric a mis au point un électrocardiogramme portatif (le Mac 800) adapté aux contraintes des villages indiens (problème d’accès à l’énergie, exposition à la poussière, l’humidité, la chaleur).

Quel rôle peut jouer la science de données (Data science) pour l’innovation et l’entrepreneuriat rural ? 

Il s’agit tout simplement de trouver des uses cases applicables à notre contexte et favorable à la création d’une dynamique entrepreneuriale et à la croissance économique. Pour ce faire, il serait nécessaire de créer un écosystème des Scouts de l’innovation entrepreneuriale au service du rural, qui auront pour rôle de : 

  • S’émerger dans le quotidien rural durant une période temporaire et collecter les données autour des habitudes, des usages et des spécificités locales mais avec une orientation entrepreneuriale. Ce travail d’observation pourra aussi concerner la recherche de personnes ingénieuses dans les villages, en apprendre d'eux ; 

  • Transposer ce savoir sur une base de données avec des attributs ; 

  • Modéliser des uses cases par le biais de l'analyse descriptive, de diagnostic, prédictive et prescriptive.

Mais plusieurs questions autour de l'entrepreneuriat innovant au service du rural restent encore sans réponses opérationnelles, notamment : 

  • Quelles sont les mécanismes de soutien à l’innovation, à la créativité technologique et organisationnelle au service du développement rural ? 

  • Comment favoriser leur maintien et leur développement dans un marché concurrentiel ? 

  • Comment amplifier les expériences d'entrepreneuriat innovant au service du rural au Maroc et en Afrique ? 

  • Quel écosystème d’acteurs institutionnels, économiques et financiers nécessaires à l’émergence de solutions innovantes, durables et inclusives ?

L’entrepreneuriat innovant est nécessaire pour la croissance et le développement économique du monde rural. Il stimule le changement structurel à travers la création d’un cercle vertueux qui conduit à la création d’opportunités d’emploi, la valorisation des ressources locales, la pérennisation du mode de vie, etc. En créant et en développant leurs entreprises, les entrepreneurs ruraux pourront transformer la vie dans ces territoires.

04/01/21
Lire la suite
Voir plus de chroniques
Plan de site

Qui sommes-nous ?

Initié par DATATTITUDE  - Groupe Média et Événementiel leader en B2B -
FacilitiesMaroc.com - le Portail et la Newsletter-  deux outils médias dédiés 100% aux Directions Achats, Services Généraux et leurs prestataires.

Copyrights @ 2019 - Contactez-nous - Mentions légales